Jean-François Balaudé réélu président de l'Université Paris Nanterre

04/04/2016

Jean-François Balaudé a été réélu président de l'université le 4 avril 2016 par 23 voix pour, 7 voix contre et 4 abstentions.

Voici le discours d'investiture prononcé à l'issue de l'élection

Chères et chers collègues, chères et chers étudiants, mesdames et messieurs,

Je voudrais avant toute chose vous remercier pour la confiance que vous venez de me témoigner : ma gratitude va d'abord à mes colistiers qui ont rendu possible le succès de Nanterre au cœur !, mais également à tous ceux qui ont voté en ma faveur, et au-delà, à l'ensemble de notre communauté universitaire dont la plupart d'entre vous êtes les représentants.
Je vous remercie pour moi-même, bien sûr, mais aussi et surtout pour l'université, car une élection dans ces conditions, au terme d'une campagne électorale qui avait vu 3 listes d'enseignants-chercheurs s'affronter, et deux candidats à la présidence s'opposer, donne une légitimité forte à son président, et permet de dessiner un cap net et lisible à l'établissement.
En un sens, il s'agit bien de continuité, mais cette continuité n'était pas écrite à l'avance, elle était contestée, et elle se jouait, par rapport à 2012, sur la base d'une redistribution des positions, notamment syndicales. Aussi puis-je dire que ce mandat nouveau, qui vient dans le prolongement du mandat juste achevé, en réalité repose sur une nouvelle assise, plus large, dès lors que les listes Nanterre au cœur ! présentées dans le collège A et dans le collège B, l'ont emporté, de façon nette, pour ne pas dire ample.
Cela donne à penser que la communauté enseignante a approuvé par une claire majorité la politique qui a été conduite au long des quatre ans écoulés, et c'est bien évidemment un motif de fierté que je ressens au regard de l'investissement entier et constant qui a été le mien, mais aussi celui de toute mon équipe et de mon cabinet. Je tiens ici à les associer à ce succès, et à leur adresser mes remerciements pour l'investissement considérable qu'ils ont eu, et que plusieurs d'entre eux vont continuer à avoir. Cela nous conforte également dans notre détermination à mettre en œuvre le programme qui a été porté par les listes Nanterre au cœur !, puisqu'il constituait le socle de ma nouvelle candidature.

Mais j'ajoute aussitôt quatre réflexions et compléments.

1- Je me garde bien de considérer que ce succès et cette élection constituent un blanc-seing donné au président et à sa future équipe : ce succès signifie une approbation et une confiance qu'il s'agira de ne pas décevoir, et il m'investit par conséquent d'une responsabilité accrue.
2- Quels que soient les positionnements généraux ou de détail des trois listes, elles ont eu le souci, je n'ai pas de doute à ce sujet, de défendre des idées, des principes, des projets, qui visaient le bien de l'établissement, de ses personnels et de ses usagers. Sur la base de ce souci partagé du bien commun de l'université et de la mise en œuvre la plus aboutie de ses missions de service public, j'espère qu'avec les représentants des deux autres listes nous travaillerons de façon constructive, et dans la même direction, celle qui visera le rayonnement de notre université.
3- Aux élus des collèges BIATSS et Etudiants, collèges élargis de par la loi et nos nouveaux statuts, j'adresserai les mêmes remarques et les mêmes vœux: certains ont exprimé leur soutien à ma candidature, inscrivant d'emblée leur approbation des intentions du candidat que j'étais dans leurs discours de campagne, et je leur en suis reconnaissant, mais je ne doute pas qu'avec l'ensemble des élus BIATSS et étudiants nous parvenions à regarder tous dans cette même direction du bien commun de notre université et, pourvu que nos propositions soient bien fondées et étayées, qu'elles seront défendues avec leur soutien.
4- Enfin, j'adresse bien évidemment des vœux similaires aux personnalités extérieures, que je remercie pour leur présence et pour leur engagement en faveur de l'université, et tout particulièrement les personnalités extérieures élues qui ont souhaité accompagner notre projet pour les quatre années à venir. La présence, dans cette enceinte, de représentants de la Région Ile-de-France, du département des Hauts-de-Seine, de la ville de Nanterre, du CNRS, d'un directeur général d'entreprise, d'une représentante d'une entreprise de moins de 500 salariés, d'une représentante d'un établissement d'enseignement secondaire, et du représentant d'une organisation syndicale, permettra d'éclairer les projets de l'université d'un regard extérieur très complet et pluriel, et promet des échanges enrichissants, susceptibles de conforter ou compléter nos orientations.

Avancer et accompagner
De fait, si nous voulons porter des projets ambitieux, et continuer à faire évoluer notre université, compte tenu des enjeux considérables qui pèsent sur les établissements d'enseignement supérieur désormais, et des marges de manœuvre dont nous disposons, nous serons d'autant plus forts que la communauté universitaire travaillera avec cohésion et avec l'envie d'avancer, et qu'à travers nos actions les liens avec des partenaires extérieurs, territoriaux, continueront à se multiplier et à s'étoffer. 
Je ne méconnais pas, bien évidemment, les moyens contraints qui sont les nôtres – ils constituent une donnée essentielle de l'équation générale à résoudre – et je ne sous-estime pas les enjeux qui sont liés aux conditions de travail, auxquels les syndicats sont très justement attentifs, et sur lesquels nous avons commencé à nous pencher avec eux.
Mais nous sommes de toute façon condamnés à aller de l'avant, à porter de nombreuses initiatives pour continuer à être cette grande université attractive et rayonnante au renom international. Pour cela, nous devons solliciter des soutiens et des financements supplémentaires. En somme, nous devons accepter le fait que nos ressources reposent d'une part sur le financement récurrent de l'Etat, dont il m'appartient de plaider l'augmentation auprès de la tutelle, d'autre part sur des ressources propres (qu'en particulier le développement de l'alternance, et de la Formation Tout au Long de la Vie aidera à faire progresser), et sur des financements autres : provenant des Investissements d'Avenir, de l'Europe, de la Région, obtenus grâce à notre Fondation, qu'il est entre nos mains de parvenir à obtenir. Nous nous sommes déjà engagés sur cette voie, et nous allons amplifier le mouvement.
Nous devons parallèlement accompagner les personnels pour faire face aux évolutions des métiers, et cela vaut aussi bien pour les BIATSS (avec des enjeux de technicité croissante, la nécessité de mise à niveau pour les environnements numériques...) que pour les enseignants-chercheurs (nouveaux environnements numériques de la recherche et nouvelles ressources pédagogiques par exemple, tâches d'encadrement...). Nous devons viser à requalifier les emplois BIATSS, poursuivre et étoffer la Formation Continue de nos personnels et enseignants, continuer à créer des postes dans la mesure où cela nous sera possible, globalement mieux reconnaître les tâches accomplies par les uns et les autres... A l'horizon s'impose à nous une réflexion sur le métier d'universitaire et ses évolutions aujourd'hui, qui va passer dans un premier temps par une révision du référentiel des charges pour fonction, mais qui implique aussi plus largement une réflexion sur les évolutions de la pratique pédagogique, sur l'équilibre à maintenir entre enseignement et recherche dans des cadres en constante évolution, sur la façon la plus équilibrée de prendre en compte l'investissement des collègues dans leur parcours professionnel.

Mieux organiser et simplifier
Mais nous devons aussi travailler à mieux nous organiser et à simplifier nos procédures.
Ainsi, de façon générale, nous avons à renforcer les articulations entre la direction de l'université, les services et les composantes : pour mieux travailler ensemble, pour mieux échanger et mieux communiquer dans les deux sens, mieux entendre les besoins aussi, et mieux partager les contraintes, faisant en sorte de nous accorder collectivement sur les priorités, les voies de mise en œuvre, les solutions. Cela appelle des initiatives, touchant l'organisation de l'équipe présidentielle et de ses portefeuilles, l'organisation administrative, le management, toutes choses qui seront présentées une fois qu'elles auront été parfaitement mûries et partagées. Les trois mois qui viennent devront être mis à profit en ce sens, pour nous permettre une pleine mise en œuvre au retour des vacances d'été.
Cela doit s'assortir de deux objectifs qui sont de l'ordre de la méthode : 
- d'une part un souci de simplification administrative dans notre organisation, dans nos procédures, et ce faisant un souci général de meilleure coordination et réactivité : des services par rapport aux composantes, des services entre eux, de l'administration par rapport aux personnels, aux usagers et au public extérieur.
- d'autre part l'encouragement à travailler sur un mode collaboratif, en impliquant, en consultant, en associant autour de sujets organisationnels, touchant les ressources humaines, patrimoniaux, relevant de la Transition Ecologique et Energétique et de la Responsabilité Sociale de l’Université notamment.

L'« épaisseur » de notre projet
J'ai évoqué les projets de l'université, et je voudrais insister ici sur le fait qu'ils sont alimentés aussi bien par des initiatives émanant de collègues - qu'elles visent à des réalisations pédagogiques, ou de recherche, ou qu'elles lient les deux dimensions, ou encore qu'elles touchent des dimensions de responsabilité sociale - , que par des opportunités définies par l'équipe présidentielle. Les deux sources ne s'excluent pas, elles tendent au contraire à s'enrichir, et elles se révèlent bien souvent convergentes. L'« épaisseur » du projet de l'université, sa densité, tient à ce qu'il est nourri par la communauté et par la présidence qui en travaille et en organise la cohérence.
Nous avons donc tout intérêt à favoriser les initiatives, et à les accompagner : cela est tout à fait essentiel, car la force d'une université telle que la nôtre tient d'abord à la somme de compétences, d'intelligence, de créativité de ses enseignants, de ses enseignants-chercheurs, de ses chercheurs, appuyés de mieux en mieux par les personnels administratifs dans une véritable collaboration, mais aussi des conservateurs des bibliothèques, qui sont eux-mêmes à l'origine de toujours plus de projets innovants.
Ces initiatives, qui peuvent relever du domaine de la recherche et de la politique documentaire, de la formation initiale, de la formation continue, de l'engagement citoyen, seront donc accompagnées, pourvu que nous nous mettions d'accord le moment venu sur les conditions de mise en œuvre de ces initiatives (lorsqu'elles présentent des incidences en termes de moyens, financiers, humains, matériels ; et en tenant compte de la cohérence du projet dans l'ensemble plus large dans lequel il vient prendre place). Cette contrepartie est maintenant bien identifiée ; elle fait de fait partie des conditions de la réalisation, et ne peut être éludée.
Inversement, l'équipe présidentielle s'attache à définir une ligne cohérente et lisible qui est celle de l'établissement : elle se nourrit de la réalité des pratiques (l'offre de formation, l'organisation de la recherche, l'organisation des composantes et des services, les initiatives et projets nouveaux), elle se fonde sur une vision stratégique de la politique de l'université, et sur le devoir que soient répartis de façon équilibrée et à bon escient les moyens alloués. Cela se traduit de fait dans le contrat passé avec l'Etat, qui est (pour 2014-2018) et qui sera (pour le contrat suivant) le cadre officialisant nos orientations globales et nos objectifs.
Mais le rôle de la présidence est aussi par ailleurs de proposer des champs nouveaux d'engagement et d'action lorsque des opportunités se présentent à l'université en tant qu'établissement : je pense d'abord aux collaborations avec les acteurs territoriaux : la ville de Nanterre, la Communauté d’Agglomération du Mont-Valérien, le Département, La Région, mais aussi le quartier de La Défense, des collaborations qui ont pris désormais, à travers des conventions, un tour de plus en plus précis et concret (sur des enjeux culturels et sociétaux, sur des enjeux de formation et de recherche), mais je pourrais ajouter les enjeux liés à la réforme territoriale, en particulier, pour ce qui nous concerne, la naissance de la Métropole du Grand Paris et du territoire 4 de la Métropole, nommé Paris Ouest La Défense ; je pourrais encore mentionner, à titre d'illustration, cette opportunité encore virtuelle, mais susceptible de nous concerner positivement, que constitue la candidature de Paris pour l'organisation des JO en 2024. Les exemples pourraient se multiplier, et il faut bien entendu ajouter tout ce qui est lié à la COMUE Paris Lumières, que nous avons constituée avec Paris 8 et le CNRS, et qui nous lie en particulier à de nombreux établissements associés, notamment patrimoniaux, avec lesquels des collaborations très prometteuses se mettent progressivement en place, à l'occasion d'appels à projets internes à la COMUE, ou du type PIA (comme notre nouvelle soumission du projet d'Isite @nthropolis l'illustre), ainsi que l'opportunité d'une coopération scientifique élargie en SHS dans le cadre du Campus Condorcet.

Les lignes générales caractérisant notre université et commandant notre politique sont ainsi claires.
Elles sont celles d'une université attachée à maintenir son haut niveau en recherche, appuyée sur ses Unités Mixtes de Recherche et Equipes d’Accueil, sur son Unité de Service et de Recherche, son labex, ses co-tutelles multiples, la COMUE, développant ses collaborations nationales et internationales avec un nombre choisi de partenaires, qui assume sa mission d'accueil large des étudiants (en se montrant capable de prendre en compte les situations spécifiques, pour les étudiants français et étrangers) afin de contribuer à l'effective démocratisation de l'enseignement supérieur, tout en diversifiant les cursus (simples, doubles, pluri-) et en privilégiant les innovations pédagogiques, et qui intégrera enfin de façon plus significative à l'avenir la dimension de Formation Tout au Long de la Vie.
Mais elles sont encore celles d'une université qui souhaite se distinguer par les enjeux qu'elle place :
-dans son projet d'éco-campus qui fait de l'université un démonstrateur de la transition écologique, dans son projet culturel ainsi que dans son projet sportif, qui contribuent fortement à son rayonnement et à son attractivité, 
-dans la qualité de vie au sein des campus (de Nanterre, comme de Ville d'Avray … et de Saint-Cloud bien sûr!) au bénéfice des étudiants comme des personnels, 
-dans l'accueil et l'accompagnement des étudiants (concernant leur cursus, leur engagement associatif reconnu, leur devenir professionnel), 
-dans les interrelations multiples nouées avec son environnement, en poursuivant un objectif d'engagement éclairé et d'innovation sociale, qui en fait un acteur remarquable de son territoire, lui-même en pleine mutation.
Pour cela, notre université privilégiera le dialogue interne, et cherchera à impliquer les enseignants-chercheurs, les personnels, les étudiants dans la réflexion sur les grands chantiers qu'elle veut ouvrir : concernant l'innovation pédagogique, le déploiement de projets de recherche multi-acteurs, concernant son projet d'éco-campus, et la liste n'est pas close, afin que notre université intègre de plus en plus dans son quotidien une dimension collaborative, qui sera également exemplaire et distinctive du modèle que nous défendons pour elle.

Depuis 1964, le campus de Nanterre se distingue par ses capacités d'innovation et de rupture, par l'originalité de sa recherche et de ses formations, par la place accordée aux étudiants. Dans le contexte si différent de 2016 et face aux risques de normalisation, pour ne pas dire de standardisation, l'enjeu est pour nous de continuer à évoluer et à nous affirmer tout en restant fidèle à « l'esprit de Nanterre ».
Pour donner ses contours à cette nouvelle université de Nanterre, même et autre, de la décennie à venir, nous devons œuvrer collectivement, en ayant pleinement confiance en nous, en nous appuyant sur les ressources mêmes du savoir, de ces savoirs critiques que nous enseignons et que nous produisons, et qui sans cesse évoluent, explorent, découvrent. 
Alors, quoi de plus approprié que la formule d'Horace devenue celle des Lumières pour inspirer et animer notre projet d'université ? : Sapere aude !

Je vous remercie.

Jean-François Balaudé
Président de l'Université Paris Ouest Nanterre La Défense

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