Entretien

26/04/2016

Entretien avec SOL Sanchez-Dehesa, doctorante à l'Université Paris Ouest, premier prix de la finale UPL du concours Ma Thèse en 180 secondes. 

Son sujet de thèse : Réflexions sur les industries de chronologie acheuléene. Le cas de Garba I (Melka Kunture)

 

Qui es-tu ?

Je suis née à Madrid, j’ai fait 5 années d’études d’histoire à l’Université de Valence.

En quatrième année, j’ai fait un Erasmus à Paris IV en archéologie, c’est à cette occasion que j’ai appris le français. J’ai fait un nouvel échange à Barcelone, et enfin 2 ans à l’Université Paris Ouest, en Préhistoire. Après deux années de recherche sur les processus d'apprentissage de la taille pour les périodes anciennes (travail que je poursuis encore aujourd’hui en parallèle de ma thèse), je me suis finalement engagée dans la thèse…

Je suis en deuxième année, il me reste « en théorie » un an et demi mais en préhistoire, on finit rarement sa thèse avant 3 ans.

En ce moment, je passe mes journées à la fac, à étudier des pierres. J’apprends également à tailler la pierre.

En dehors de ma recherche, je continue à étudier le français, je suis dans une équipe de Volley, j’aime aussi beaucoup voyager (ce qui est indispensable dans mon domaine !), la randonnée…

Le titre de ta thèse est « Réflexions sur les industries de chronologie acheuléene. Le cas de Garba I (Melka Kunture) ». Peux-tu nous éclairer sur ces termes ?

Les industries « acheuléennes »

Ce sont ces industries caractérisées par les pièces bifaciales, que l’on associe à l’homo erectus.

L’Acheuléen doit son nom au site éponyme de Saint-Acheul, quartier situé à l'est d’Amiens, où il a été décrit pour la première fois par Gabriel de Mortillet en 1872. Le terme a été repris pour les industries africaines, qui ont des caractéristiques similaires.

Melka Kunture et Garba I

Melka Kunture regroupe plusieurs sites archéologiques. Garba I est le nom du site que j’étudie. Il se situe en Ethiopie. Je m’y rends fréquemment car les pièces doivent rester dans le pays d’origine.

Le site a été découvert grâce au torrent qui y coule, dont l’eau érode les bords et laisse ainsi apparaître des pièces bifaciales. Garba 1 est le premier site trouvé dans Melka Kunture. Il a été découvert en 1963 par un hydrologue, Gérard Dekker. Il a ensuite été fouillé par Jean Chavaillon, qui dirigea la première mission. Elle a été reprise par son étudiant italien, Marcello Piperno. La mission est aujourd’hui dirigée par Margherita Mussi, de l’Université de la Sapienza à Rome. J’ai obtenu une bourse de l’Université de la Sapienza, j’y passe à peu près la moitié de mon temps, et c’est pourquoi je dois aussi travailler en italien.

Comment l’idée de ce sujet de thèse t’est-il venu ?

J’ai toujours voulu travailler sur l’Afrique, sur les périodes les plus anciennes. Je suis avant tout intéressée par le développement des capacités cognitives de l’homme. 

Je suis d’abord venue à Paris pour une mission française au Kenya (ma première expérience en Afrique), mais aussi pour rencontrer Jacques Pelegrin, le plus grand spécialiste de la pierre taillée au monde.

C’est une heureuse coïncidence qui m’a permis de rencontrer une professeure, Margherita Mussi, qui m’a donné l’opportunité de travailler sur ce site. Jacques Pelegrin a été mon directeur de master, il est aujourd’hui mon directeur de thèse. Il m’a, et continue à beaucoup m’aider.

Qu’est-ce qui t’a donné envie de participer à Ma Thèse en 180 secondes ?

Je me suis présentée l’année dernière suite à l’incitation de ma directrice de Laboratoire mais ma co-tutelle n’était pas effective, je n’étais donc pas officiellement à Paris Ouest et je n’ai pas pu participer au concours. J’étais restée sur cette déception, j’ai donc voulu retenter ma chance cette année.

En me lançant dans le concours, j’ai voulu apprendre à maîtriser le stress, apprendre à parler en public, être à l’aise lors de congrès…

Sur le fond, travailler sur la présentation de notre propre travail nous amène aussi à mieux le comprendre.

Que penses-tu de l’exercice de Ma Thèse en 180 secondes ?

C’est un très bon exercice. Il permet de faire valoir et diffuser notre travail.

Le rôle de l’UPL dans cet exercice est essentiel car elle fait valoir les sciences sociales.

L’exercice est très bon mais la préparation prend beaucoup de temps, c’est aussi là que l’on voit à quel point en est dans la thèse. Cela permet de savoir où on veut aller et si on sait vraiment ce que l’on est en train de faire.

L’exercice pourra aussi m’aider dans ma carrière professionnelle : pour préparer les concours, du CNRS notamment. Cela m’aide à structurer mon discours par rapport à ce que je veux obtenir. On peut être très bon dans notre domaine, sans pour autant être un grand orateur. Or dans le monde d’aujourd’hui, c’est indispensable : On nous demande davantage de nous vendre, ce que l’on n’apprend pas forcément en sciences sociales.

Quel était ton sentiment en montant sur la scène ?

Horrible. Je n’ai pas du tout profité de la scène, je n’ai pas du tout maîtrisé mon stress, alors que nous avons été préparés à cet exercice depuis un mois. J’étais juste surprise de ne pas avoir oublié mon texte. Le fait de présenter ma thèse en français n’étais pas un gros problème puisque la vulgarisation permet de ne pas employer des termes techniques, c’était toutefois un bon entraînement.

 

En savoir plus sur la mission MELKA KUNTURE : www.melkakunture.it

Son sujet de thèse : Réflexions sur les industries de chronologie acheuléene. Le cas de Garba I (Melka Kunture)

La diapositive choisie par Sol.

Sa prestation le 15 avril 2016, à la Maison des Cultures du Monde

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