Portrait : Fabienne Brugère, nouvelle Présidente du CAC

10/09/2018

Fabienne Brugère, professeure de philosophie, a été élue Présidente du Conseil Académique de l’Université Paris Lumières le 13 juin 2018. Elle succède ainsi à Bruno Clément, élu depuis le 5 novembre 2015. Elle occupe ses fonctions depuis le 1er septembre 2018.

 

Photo de Fabienne Brugère, nouvelle Présidente du CAC

  • Pouvez-vous nous présenter votre parcours en quelques mots ?

Mon parcours est à la fois académique et engagé. J’ai tout d’abord suivi une carrière d’enseignante chercheuse, avec beaucoup de séjours à l’étranger, notamment en Allemagne et en Amérique du nord.
Mais, j’ai été aussi très investie à Bordeaux où j’ai vécu pendant quinze ans. De 2008 à 2013, j’ai occupé, à coté de mes responsabilités universitaires, la fonction de présidente du Conseil de développement durable de Bordeaux Métropole. Ce rôle a changé beaucoup de choses dans ma vie et a rendu mon rapport à la recherche plus investi par les questions de démocratie, de participation, de rôle local des mouvements sociaux et politiques.
Enfin, depuis 4 ans je suis professeure à l’université Paris 8. Ce nouveau parcours philosophique est intéressant ; Paris 8 est une université différente des autres par son histoire et son mode de fonctionnement.

  • Qu’est-ce qui vous a amené à vous intéresser à la philosophie ?

A 17 ans j’ai lu l’Ethique de Spinoza et je n’y ai pas compris grand chose. Mais, ça m’a semblé important et j’ai voulu continuer. Quoiqu’il en soit, je trouve que la philosophie est une discipline qui permet de donner du sens à sa propre vie mais également de projeter du sens sur le monde, par le biais de questionnements divers. Et puis, la philosophie contemporaine a tellement préfiguré ce qui nous arrive : la désobéissance civile (Dewey), les apatrides (Arendt), le biopouvoir (Foucault) et la nécessité de l’éthique (Ricoeur, éthiques du care).

  • Quel plaisir trouvez-vous à enseigner ?

Ce qui me motive le plus au quotidien, c’est le fait de faire passer quelque chose à quelqu’un, transmettre des éléments de philosophie aux étudiants mais également apprendre d’eux d’autant qu’ils viennent du monde entier. Comment se fait-il que l’on fasse de la philosophie aussi bien à Paris qu’à Tokyo ou à Port-au-Prince ? Il faut des configurations d’apprentissage qui tiennent compte d’une réciprocité possible entre enseignants et étudiants. Je préfère enseigner dans des salles de cours plutôt que dans des amphithéâtres. Cela permet d’avoir un contact plus direct et des échanges plus approfondis avec les étudiants.

Le plaisir d’enseigner se trouve également dans la réussite des étudiants que l’on voit s’accrocher pendant leurs études et décrocher ensuite un contrat doctoral. C’est une fierté qu’ils aient décidé de choisir cette voie et qu’elle soit récompensée par la possibilité matérielle de faire une thèse ! En même temps, lorsque des années après il m’arrive de rencontrer d’anciens étudiants qui se souviennent de mes cours, je suis heureuse de me rendre compte qu’ils ne sont pas tous enseignants ou chercheurs. La philosophie, j’en suis convaincue, conduit à toutes sortes de métiers et d’aventures.

  • Travaillez-vous sur un nouveau projet de livre, de recherche, d’ouvrage  ?

Ces derniers temps j’ai travaillé à la fois à un livre sur l’oeuvre de Manet qui n’est pas encore fini et à un ouvrage sur les femmes et le féminisme à travers le concept de « normalité ».

 

Parlons de la ComUe…

  • Pourquoi avoir postulé au poste de Présidente du Conseil Académique (CAC) ?

J’avais déjà eu l’occasion de travailler avec le CAC de l’Université Paris Lumières auparavant comme rapporteure sur des appels à projets. J’ai également mis au point avec Pierre-André Jouvet le comité d’éthique auquel j’ai ensuite contribué. J’ai apprécié l’esprit qui y règne.

Je crois que la Comue peut fonctionner comme une instance ouverte sur la société car des mondes très différents s’y rencontrent : deux universités, le CNRS, des institutions culturelles et sociales de la région parisienne. La Comue est un combat contre l’entre-soi.

  • Qu’est ce que l’UPL représente pour vous ?

Déjà, un partenariat inédit entre deux universités de sciences humaines et sociales reconnues internationalement. Le CAC offre la possibilité de projets de recherche communs, ouverts sur la société par le biais des institutions associées. Ensuite, c’est une structure originale ouverte sur l’Ile-de-France où l’on peut inventer, porter des projets nouveaux.

  • Quels sont les projets qui vous tiennent à cœur ? Vos objectifs ?

J’ai trois objectifs principaux :

  • Premièrement, je voudrais faire fonctionner le CAC de la façon la plus démocratique possible. Pour cela, nous allons mettre au point un bureau afin à la fois de mobiliser toujours davantage de monde dans les deux universités et d’instaurer une médiation entre tous les associés.
  • Deuxièmement, je souhaiterais que tout ce que réalise le CAC soit le plus diffusé possible parmi nos membres et associés. C’est quelque chose qui est amorcé mais qu’il faut amplifier.
  • Enfin, j’aspire à mettre en avant et pouvoir soutenir, en accord avec les membres du CAC, des projets de recherche originaux et internationaux. Le travail est déjà engagé et je souhaite qu’il se poursuive car c’est très important pour le rayonnement des sciences humaines et sociales tellement utiles dans l’état actuel du monde mais souvent minorées.

 

En téléchargement :

FrançaisEnglish
Documentation cont@ct

Events

Location

UNIVERSITE PARIS LUMIERES

140, rue du Chevaleret
75013 Paris

Phone : 01 79 35 07 56